NOTRE RÉACTION AU DÉBAT FRANCE 3
- Graciano VIEIRA
- il y a 20 heures
- 4 min de lecture
Alors que se tenait ce jour le débat sur France 3 réunissant l’ensemble des candidats têtes de liste, nous avons fait le choix de ne pas nous rendre sur le plateau. À ce stade, nous n’avions en effet aucune certitude quant à la capacité réelle de certains de ces candidats à déposer une liste, et il était par ailleurs évident que ce débat donnerait lieu à une succession d’attaques stériles, sans perspectives ni propositions sérieuses.
Ce que nous redoutions s’est malheureusement produit : une longue litanie de critiques creuses, de vœux pieux et d’incantations, sans aucune stratégie ni vision d’ensemble.
Développement économique : aucune vision
En matière de développement économique d’abord, l’absence de vision a été flagrante. Sophie SCHWARZ s’est montrée incapable de reconnaître le travail mené ces dernières années sur les enjeux économiques et, surtout, d’assumer une véritable politique économique pour Compiègne. Hormis la dénonciation vague d’une prétendue « fin de cycle », rien. Parler de « pépites » sans jamais expliquer comment on fait, sans stratégie économique, sans réflexion sur l’attractivité, le foncier, la recherche de partenaires financiers ou la structuration d’un écosystème : c’est faible. Très faible.
La réalité est pourtant simple et factuelle : le départ des militaires ou de Continental a été compensé par l’arrivée d’entreprises de tailles et de secteurs très différents, créatrices d’emplois. C’est précisément cette diversité qui fait la force de l’écosystème économique compiégnois : aucune dépendance à un seul secteur, mais un tissu équilibré, appuyé sur un écosystème de formation de haut niveau et sur des acteurs capables d’accompagner les entreprises dans la durée.
Personne, lors de ce débat, n’a été en mesure de proposer une vision crédible de l’attractivité économique : foncier clé en main, infrastructures, ingénierie financière, partenariats. Sur les grands projets structurants — barreau Roissy-Picardie, canal Seine-Nord Europe — aucun candidat n’a démontré sa capacité à se saisir de ces opportunités pour offrir de véritables perspectives économiques. Aucune vision non plus sur les enjeux touristiques, commerciaux ou artisanaux.
Un débat creux, alors que depuis le début de la campagne, nous avons montré qu’il existait une convergence de vues et une capacité réelle à agir pour poursuivre le développement économique de Compiègne. Nous l’avons d’ailleurs démontré concrètement ces dernières années.
Centre-ville : des slogans, pas de solutions
Sur le centre-ville, même constat. Beaucoup de « il faut » et de « y’a qu’à ». Dénoncer les difficultés des centres-villes, tout le monde sait le faire. Mais aucune proposition claire. Certains voudraient mettre les commerçants sous tutelle, d’autres contraindre les loyers, d’autres encore pensent qu’il suffirait de parler d’accessibilité. La réalité est bien plus complexe.
Et heureusement que les faits sont têtus : la vacance commerciale à Compiègne est plus faible que dans de nombreuses villes comparables. Ce n’est toutefois pas une raison pour s’endormir sur ses lauriers.
Nous avons été clairs : il faut organiser des Assises du centre-ville, car la municipalité ne maîtrise pas à elle seule tous les leviers de la redynamisation commerciale. Usagers, commerçants, habitants, associations, entreprises : tout le monde doit être impliqué pour construire une dynamique collective et définir une stratégie partagée.
Le rôle premier de la municipalité est aussi d’offrir des conditions de vie et d’accueil attractives : valorisation des espaces publics, action proactive pour attirer des enseignes et des repreneurs, et surtout attirer de nouveaux habitants en centre-ville, qui sont les premiers consommateurs. Les nouveaux quartiers — État-major, l’Estacade — ainsi que la mobilisation des dents creuses, vertueuses sur le plan écologique, y contribuent pleinement. Ce travail exigeant devra se poursuivre.
Logement : des constats évidents, pas de réponses
Sur le logement, chacun semble découvrir des évidences : il manque des logements en France et les prix augmentent. Mais là encore, aucune solution concrète, et surtout une ignorance totale du fait que la politique du logement est d’abord nationale.
Pour autant, nous continuerons à bâtir des logements pour toutes les catégories de Compiégnois, dans une logique de mixité sociale et d’accompagnement des plus fragiles. Cet équilibre est au cœur de notre stratégie, à l’échelle de l’agglomération. Nos relations avec les bailleurs sont exigeantes, fermes, mais partenariales.
Les habitants savent que nous nous battons pour améliorer leurs conditions de vie. Les montants en jeu montrent cependant qu’il faut être responsable : les rénovations, qui ont pris une ampleur considérable ces dernières années, doivent se poursuivre. C’est pourquoi nous appelons clairement à un ANRU 3 pour le quartier Pompidou–Royallieu.
Sécurité : mensonges et approximations
En matière de sécurité, les approximations et les contre-vérités persistent, notamment de la part de Mme SCHWARZ, qui a repris mot pour mot certaines de nos propositions sans jamais évoquer la stratégie globale indispensable. La sécurité repose sur un continuum, allant de la prévention à la répression.
Il faut aussi dire la vérité : une commune ne peut pas tout maîtriser seule, car la sécurité est d’abord une politique nationale. Le combat doit mobiliser l’ensemble des acteurs, y compris l’État. Nous sommes les seuls à proposer une stratégie cohérente, des engagements forts, des mesures concrètes et une connaissance réelle de ces sujets.
En conclusion
Face aux enjeux colossaux qui sont devant nous, l’amateurisme dont ont fait preuve les autres candidats lors de ce débat démontre que nous sommes les seuls capables d’éviter le décrochage de Compiègne. Les seuls à porter une vision globale, à mobiliser tous les acteurs et à garantir que Compiègne demeure une ville toujours plus sûre, plus solidaire et plus dynamique.
Les paroles creuses et les attaques stériles n’ont jamais fait avancer une ville. Nous faisons, pour notre part, le choix de l’action, de la responsabilité et de la vision
Philippe MARINI et Daniel LECA

